Des mots qui pleurent et des larmes qui coulent. [ Abraham Cowley ]
Ce serait un peu comme une guitare désaccordée, si je choisissais de t'oublier.
Après tout, ce ne serait pas même un choix. Ca dégoulinerait de larmes et les étoiles seraient depuis bien longtemps parties danser dans d'autres galaxies, si je ne l'avais pas rencontré. Je crois.
Tout n'est que suppositions, car on ne sait jamais de quoi est fait demain, aujourd'hui. Et hier aussi. Ce qui se serait passé si ...
[ De quels couleurs seront les rires de demain ? Et qui nous prendra la main ? ]
Ah, ce fameux ' si ' derrière lequel on peut cacher toutes ces hontes que l'on recouvre de mensonges, pour faire croire qu'elles n'ont pas existées. Ce genre de secrets qu'on ne livre qu'aux heures avancées de la nuit, dans le genre d'instant ou l'on aimerait se raconter nos vies.
Mais après. Choisir les bons mots, se comprendre en un sourire. Ne plus avoir besoin de dire, mais de montrer, de temps en temps, comme l'on écrit à une amie éloignée. Comme on se laisse ce petit plaisir sucré des jours ou l'esprit a besoin de se remplir. Alors on mange. Et on se mange une claque aussi. Parfois. En plein tronche.
Le genre de claque qui n'est même pas physique, celles là ne méritent pas qu'on ouvre la bouche pour elles, mais les claques des espoirs qui tombent. Doucement. Ils tombent en claquette et mon c½ur fait un tango avec l'orage qui se profile au dessus. Tout doucement.
Coup de tonnerre à chaque souffle de ton prénom.
Il y a les amis qui s'en vont, qu'on pensait fermement accrochés au c½ur, et qui finalement, ont défait les n½uds dans votre dos. Il y a aussi ces personnes qui s'en vont à bord d'un train, mais qui, on en est certain, font partie de votre vie. Vous font sourire pendant cinq jours. Qui vous apprennent, et vous réchauffent le c½ur. Et l'on sait que malgré la distance, il y aura ce lien de quelques centaines de kilomètres, c½ur à c½ur.
Après tout, peut être pourrait-on suicider nos larmes, sans doute enterrerions nous nos plus grandes peines, tuant ainsi nos plus grandes maturités.
Il y a du soleil qui se faufile entre les arbres, sa chaleur réchauffe le visage, un peu comme un piano enivre l'amour. De l'autre côté, on sent encore l'odeur de la pluie, fraîchement déversée.
Et tout d'un coup, le vide autour de moi se fait plus grand encore. Mais il n'est en aucun point gênant. Il m'enveloppe comme ses bras le font parfois.
Si vous saviez, comme je me suis maintes fois demandé si j'étais normale à ressentir tout ce vide, ou si la plupart l'ignorait. Comme parfois, je suis souriante, et tout d'un coup, il suffit d'un petit quelque chose pour qu'il change de sens, pour que je sente la mélancolie courir dans mon esprit. Comme parfois, je peux être en haut et en bas de cette échelle.
Qui sait si le vide est humain ?
S'il nous accompagne toujours, ou si c'est après tout, une partie de nous même. Une certaine solitude de soi.
[ 23-02-07 ]
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